III. Le Halal dans le domaine de l’alimentation

Il arrive souvent que l’on minimise l’importance du halal en rappelant que ce sujet n’est pas prioritaire par rapport à d’autres. Ce qui est en soit une vérité ne doit pas nous faire oublier que le message de l’islam est un message global et que chaque acte à une certaine importance. En l’occurrence, le halal même s’il est parfois secondaire est essentiel pour celui qui aspire à l’agrément divin. En effet, le prophète (PBSL) dit un jour à l’un de ces compagnons :

« Ô Ka’b Ibnou ‘Oudjrah ! Toute chair qui se développe en étant alimentée par le haram mérite avant tout le Feu. » [Tirmidhî]

Dans le domaine de l’alimentation, par principe, c’est le principe de licéité originelle qui s’applique comme dans les mu‘âmalât1 en général. Ainsi dans ce domaine tout est déclaré licite, sauf ce que Dieu a expressément interdit. Par contre il faut avoir à l’esprit que certaines limitent s’appliquent à cette règle.

Les grands interdits alimentaires

Le Coran nous enseigne l’essentiel des grands interdits alimentaires et la tradition prophétique nous permet de mieux les cerner dans le détail. Nous verrons aussi que certains cas ont fait l’objet de divergences entre les savants musulmans. Du fait des objectifs annoncés de ce livret nous n’entrerons pas dans le détail des explications au sujet de ces avis, mais nous proposerons un résumé des positions principales.  Dans le domaine des végétaux seuls les produits nocifs sont interdits. Ainsi, plusieurs versets ont clairement interdits la consommation de l’alcool.

La problématique est légèrement plus complexe dans le domaine des produits carnés. Ainsi, les principaux interdits concernant les viandes sont rappelés à travers trois versets, dont le suivant :

« Dis : “Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur de se nourrir, excepté la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc – car c’est une souillure – ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre que Dieu.” Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux. » [Coran 6/145]

Mais la plupart des juristes à l’exception de certains savants malikites, considèrent que d’autres interdits existent. Ils se basent sur des récits prophétiques authentifiés qui interdisent par exemple la consommation, des ânes, des rapaces, des félins, etc.

Ajouts d’ingrédients ou transformation.

Les produits alimentaires sont de moins en moins manger sans ajouts d’ingrédients ou même transformation, dès lors deux règles peuvent s’appliquer :

Al- istihâla

Si un produit (impur ou pur) subit une transformation (les savants divergent sur le degré de transformation : chimique, organique, …) au point de changer complètement par rapport au produit originel, il faut alors, pour la majorité des juristes, reconsidérer sa qualification légale et lui en attribuer une qui soit conforme à sa nouvelle nature. Il se peut qu’il conserve sa nature originelle, mais cette qualification dépendra surtout de la possible nocivité du nouveau produit. Toutefois, plusieurs savants en particuliers shafi’ite considèrent que c’est la nature originelle du produit qui définira sa classification finale. Ainsi, pour ces derniers si le produit était haram au départ, il le restera même après transformation.

Al- istihlâk

Pour la majorité des juristes, si un produit haram est fortement dilué dans un produit halal, alors ce dernier conserve sa pureté et reste donc halal. Le Prophète (PBSL) dit :

« Lorsque la quantité d’eau est de deux grandes jarres (environ 200 litres), elle ne comporteaucune souillure.” » [Tirmidhî, Ahmad, Nasâ’î]