II. Le Halal : un concept juridique

Halal/Haram

Malgré cette dimension spirituelle, le halal engendre beaucoup de débat, notamment entre les juristes et savants musulmans car comme le dit le Prophète (PBSL) dans un hadith, entre le halal et le haram, il existe une zone équivoque :

« Le domaine du licite est certes clair et le domaine de l’illicite est certes clair. Entre eux deux se trouvent des choses équivoques que la plupart des gens ne distinguent pas. Celui qui s’abstient des choses équivoques préservera alors sa foi et son honneur. Et celui qui y succombe tombera dans le domaine de l’illicite. Tel le berger qui, à force de faire paître (son troupeau) autour d’un enclos privé, risque de le faire paître à l’intérieur même de l’enclos. Sachez que tout propriétaire a un enclos privé, et que l’enclos de Dieu est constitué de Ses interdits. En vérité, il existe dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rendra sain le corps entier, mais s’il est corrompu, le corps entier le sera. Ce morceau de chair est le cœur. » [Bukhârî, Muslim]

Définition juridique

Ainsi, les juristes musulmans ont entrepris de classifier les actes selon plusieurs catégories. Cinq selon la majorité des juristes :

Extrait de :  Le marché du Halal entre références religieuses et contraintes industrielles – M. Brahami et F. Otmani – Ed. tawhid –AVS - 2010 �

Extrait de :
Le marché du Halal entre références religieuses et contraintes industrielles – M. Brahami et F. Otmani – Ed. tawhid –AVS – 2010

Ainsi les actes obligatoires, recommandables et permis sont clairement considérés comme halal et les actes interdits comme haram. Les actes blâmables bien que non interdit explicitement doivent faire l’objet d’une vigilance scrupuleuse de la part de celui qui chemine vers Dieu. Il est ainsi rapporté que certains savants des premières générations s’écartaient de choses permises par peur de s’approcher des choses blâmables et donc d’affecter leurs cheminements.

Mais il ne faut pas oublier que le halal et le haram ne peuvent être défini que par Le Législateur : Dieu. Ainsi, tout acte déclaré interdit ou autorisé doit tirer directement ou indirectement sa source du Coran ou de la Sunna.

Enfin, rappelons que la classification dans l’une de ces cinq catégories ne se limite pas à la nature de l’objet en lui-même. En effet, les actes ayant permis d’acquérir cet objet et l’utilisation que l’on en fait in fine, peuvent aussi faire l’objet d’un traitement juridique spécifique, sans pour autant affecter la classification initiale du produit.