VIII. La certification halal

Garantir le halal en milieu industriel

L’abattage rituel n’est donc pas toujours autorisé, mais même lorsqu’il l’est, il est très difficile de garantir que le produit labélisé halal contient exclusivement des matières halal. Voici une synthèse des difficultés pratiques rencontrées pour certifier du caractère halal des viandes :

  • Avant même l’abattage, le risque important de mortalité des volailles pendant le transport ou entre le moment de leur accrochage sur la chaîne et la saignée peut rendre la volaille haram.
  • L’assommage généralement pratiqué en abattoir cause souvent la mort des animaux, ce qui rend l’animal haram. L’assommage est aussi souvent pratiqué sur des animaux destinés au marché du halal.
  • Les très grandes majorités des abattoirs produisant de la viande halal ne sont pas dédiés au halal. Il y a donc risque de mélange des viandes.
  • Souvent les viandes sont ensuite acheminées sur des CEV qui de la même manière sont rarement dédiés au halal. Le risque de mélange avec des viandes non halal et en particulier du porc est très important car à ce stade les viandes sont souvent découpées, malaxées, transformées, …
  • Au sein de ces CEV d’autres ingrédients et additifs sont ajoutés et mélangés pour fabriquer des steak-hachés, de la charcuterie et autres produits élaborés. Il faut pouvoir s’assurer que ces ingrédients sont bien halal.

Une solution : la certification halal

Face à ces difficultés et du fait des intérêts divergents des différents acteurs du marché du halal, une solution s’impose progressivement : la certification halal. Toutefois, la certification halal est un concept vague qui cache des pratiques pour le moins hétérogènes. Il convient donc dans un premier temps de connaître les conditions religieuses de la certification halal, afin de se faire une opinion des pratiques.

La certification renvoie aux conditions du témoignage en Islam. Ces conditions sont différentes en fonction du cas où ce témoignage sera réalisé, mais certaines généralités font principes : la religiosité, la pleine conscience (faculté mentale, âge,…), la compétence (comprendre le sujet), la présence (assister aux productions).

Rappelons par ailleurs ces paroles du Prophète (PBSL) nous mettant en garde contre les déclarations mensongères:

Un jour, il était assis avec ses Compagnons, et leur demanda à trois reprises : « Vous informerais-je sur les péchés capitaux les plus graves ? » Ses compagnons répondirent tous ensemble : « Certainement, Envoyé de Dieu ! » Il dit : « C’est l’associationnisme (shirk) et l’impiété envers les parents. » Alors qu’il était accoudé, il se redressa alors soudainement et poursuivit : « Et la déclaration mensongère ! » Le rapporteur de ce hadith dit alors : « Il répéta tant cette dernière phrase que nous espérâmes qu’il cesse. » [Bukhari, Muslim]

Le Prphète (PBSL) dit aussi en une autre occasion:

« Celui qui ne délaisse pas les fausses déclarations et qui ne cesse pas d’agir trompeusement n’a aucun intérêt à délaisser sa nourriture et sa boisson (illicite). » [Bukhari]

Le témoignage est donc un sujet sensible qui est précautionneusement conditionné en islam. Dans le cadre de la certification halal, il en va de même et chacune des exigences précédemment citées renvoi à des critères spécifiques. Ainsi, l’abattage rituel et la production halal devrait se faire en présence de contrôleurs musulmans capables, honnêtes, formés aux règles de l’abattage rituel et de la production halal.

En résumé, voici les critères à vérifier, sachant que l’idéal reste de visiter certains abattoirs et CEV contrôlés par les différents organismes afin de se faire une idée précise :

  • Les contrôleurs sont-ils indépendants et musulmans (non-salarié par l’abattoir) ?
  • Vérifier le nombre d’employé de l’organisme
  • Les contrôleurs sont-ils présents en permanence sur les sites de production ?
  • L’organisme accepte-t-il l’assommage sur les bovins et volailles ?
  • Les contrôleurs sont-ils formés ?
  • L’organisme dispose d’un système de traçabilité sécurisé ?