Existera-t-il du halal en France?

Texte-analyse sur l’affaire Isla Delice et les nouvelles dispositions européennes et nationales liées à l’abattage rituel

Comprendre la problématique

Beaucoup parmi nous ont reçu cette information : AVS ne contrôlera plus les produits Isla Delice. AVS est un organisme de contrôle qui a un grand crédit au sein de la communauté musulmane. Cela est assez rare dans un marché qui manque de transparence, et c’est le moins que l’on puisse dire.

La société Zaphir, propriétaire de la marque Isla Délice, était sous contrat avec AVS depuis plus de 15 ans. Cette entreprise ne commercialise que des produits dérivés « Halal » (essentiellement de la charcuterie). Le propriétaire, M. Herzog, n’est pas musulman mais cela ne l’a pas empêché de comprendre très tôt l’importance de la crédibilité pour percer sur ce marché juteux, bien que très difficile. Et c’est très logiquement que sa société décide d’être certifiée par l’organisme de contrôle le mieux structuré et qui avait l’exigence la plus sérieuse.
À cette époque, peu de gens voulaient être sous contrat avec AVS. Ce dernier imposait des contrôles quotidiens dans toutes les boucheries labellisées et il n’hésitait pas à poursuivre en justice les abattoirs qui ne respectaient pas les termes du contrat. C’était des pratiques nouvelles dans un marché habitué à l’arbitraire et à une anarchie entretenue.
Aujourd’hui, les produits Isla Delice sont présents dans de nombreuses boucheries musulmanes et surtout dans la plupart des enseignes de la grande distribution. Le pari audacieux de M. Herzog a donc été un grand succès. Cela n’a pas été sans difficulté car le contrôle tatillon d’AVS a toujours été une lourde contrainte devant un marché qui ne cessait de croître.
Pour saisir les enjeux du Halal, il faut bien comprendre que la problématique de la viande Halal et de son contrôle se pose essentiellement sur la question de la volaille. 2/3 du marché des produits carnés dits « Halal » sont constitués de volailles. Cette viande est appréciée pour son prix « bon marché » et c’est celle qui est très majoritairement la plus consommée dans le monde.
Mais produire cette viande avec des prix aussi bas a ses conditions. Et il faut visiter l’envers du décor pour le croire. De leur élevage jusqu’à leur mise sous pack, les volailles ne sont pas des créatures vivantes, ce ne sont que des « marchandises », de simples protéines sur pattes.

Un élevage Halal ?

C’est le temps qui définit la rentabilité et c’est donc le facteur le plus important dans les élevages industriels. Les bêtes doivent donc occuper le moins d’espace possible et le moins longtemps possible. Dans ces élevages, les poussins de chair sont donc élevés en seulement 41 jours. Les poulets voient leurs muscles se développer tellement vite que leurs pattes et même leur cœur ont du mal à suivre (déformations, fractures…).
Enfermées dans de minuscules cages, leur espace de vie ne dépasse pas la surface d’une feuille A4. Ils peuvent à peine bouger et subissant le stress et de multiples souffrances. Ils développent alors des comportements violents ou s’automutilent. Les industriels préviennent ces comportements anormaux liés à l’excessive promiscuité par la mutilation des bêtes : le débecquage (ablation d’une partie du bec) ou le dégriffage (ou même la coupe des
ergots).
Ces concentrations énormes de volailles aux organismes affaiblis sont aussi de potentiels foyers épidémiques. Les systèmes modernes d’élevage sont de véritables incubateurs à virus (listeria monocytogènes, salmonelles, E. coli…). Les antibiotiques sont alors sur-utilisés à titre préventif, curatif, mais aussi comme stimulateurs de croissance.
Le consommateur mange donc une viande à un prix accessible mais de médiocre qualité et qui regorge d’antibiotiques. Cela conduit au développement de souches bactériennes résistantes chez l’animal comme chez celui qui le mange.

L’Abattage industriel traditionnel (non Halal)

Les conditions de l’abattage industriel des volailles sont dans la continuité des conditions inhumaines de leur élevage. Les cadences d’abattage (15000 poulets par heure) sont telles que les considérations liées au respect animal sont une vaste plaisanterie. L’abattage est automatisé, l’homme et sa « marchandise » doivent alors se soumettre à cette cadence. C’est le règne de la productivité qui permet d’abattre vite et en masse pour la meilleure rentabilité.
Pourtant la directive de l’Union européenne 93/119/CEE a tenté de définir des normes d’abattage. Cette directive est destinée à prévenir « toute excitation, douleur ou souffrance évitable pendant l’acheminement, l’hébergement, l’immobilisation, l’étourdissement, l’abattage et la mise à mort. » Évidemment rien de tout cela n’est respecté.
Cette directive rend aussi obligatoire « d’étourdir les animaux avant leur abattage. » Cela vise à assurer ce qu’on appelle un « abattage humain », c’est à dire la mise à mort de la bête « sans souffrance » (sic !). C’est la raison pour laquelle l’abattage comporte généralement deux phases, d’abord l’étourdissement–
officiellement pour rendre l’animal inconscient – puis la mise à mort.

Pour la volaille, l’étourdissement se fait par l’électrocution (appelé électronarcose). Une logique difficile à comprendre : on leur fait subir une lourde décharge électrique pour les assommer afin qu’elles souffrent moins quand… elles seront ensuite égorgées! La concentration et le gigantisme des abattoirs liés à leur logique industrielle obligent souvent à de longs trajets entre les lieux d’élevage et les lieux d’abattage. Les volailles entassées dans des camions arrivent à l’abattoir stressées ou, pour certaines, déjà mortes dans leurs caisses de transport.
Elles sont ensuite retirées de ces caisses et accrochées par les pattes à un convoyeur (nom de la chaîne d’abattage mécanique). Pendues, la tête en bas, c’est encore une nouvelle étape stressante pour ces volailles qui, en raison, de la croissance accélérée qui leur a été imposée, souffrent souvent de douloureuses malformations des pattes ou de fractures parfois ouvertes.
Les volailles sont ensuite immergées la tête la première et jusqu’à la base des ailes dans un bain d’eau parcouru par un courant électrique suffisamment fort pour les « étourdir ». Mais en fait, les effets de ces
chocs électriques sont très aléatoires : parfois, effectivement, ils assomment la bête, mais pour celles qui sont les plus affaiblies cela les tue et pour d’autres cela ne les assomme même pas.
La chaîne mécanique emporte ensuite les volailles vers une section où leur cou sera tranché, soit par un dispositif automatique (le disque) soit manuellement, par des employés de l’abattoir. Mais pour les quelques bêtes qui n’ont pas été réellement assommées par l’électrocution, elles arrivent en se débattant devant le disque qui parfois leur taillade la poitrine au lieu de leur trancher le cou. Et c’est parfois encore en vie que les volailles passent ensuite dans un bain d’eau bouillant (pour permettre de leur ôter mécaniquement les plumes).
En 2004, le Groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a émis un avis sur ces conditions d’abattage en milieu industriel et sur l’électronarcose en particulier. Selon le rapport de l’EFSA, cette pendaison par les pattes au moyen d’entraves métalliques dans les chaînes d’abattage automatisées :

« est une posture physiologiquement anormale pour les volailles et la compression des os des métatarses par les entraves métalliques est extrêmement douloureuse. »

Par ailleurs, l’EFSA précise que la douleur et la panique dues à cette position inversée sont la raison pour laquelle la majorité des volailles s’agitent et qu’un nombre important d’entre elles risquent de se briser les ailes. Le rapport explique que :

« les chocs précédant l’étourdissement peuvent provoquer des battements d’ailes, si bien que l’oiseau risque d’échapper complètement ou partiellement au bain d’eau électrifié. L’étourdissement est alors totalement inefficace et inadéquat. »

Un abattage industriel Halal ?

L’abattage « Halal » avec électronarcose n’est pas Halal

Mais en fait les conditions industrielles et leurs cadences effrénées rendent très difficile d’autres alternatives à l’électrocution des volailles avant l’abattage rituel. La plupart des acteurs musulmans du Halal préfèrent s’adapter à ces contraintes et ils se limitent à demander aux industriels de diminuer le voltage en espérant qu’aucune bête ne soit morte électrocutée avant qu’elle ne soit égorgée.
Mais, nous l’avons vu, les volailles qui ne sont pas (ou peu) « étourdies » se débattent tellement qu’elles brisent leurs ailes et celles de leurs congénères, tout en communiquant leur stress à toute la chaîne qui doit alors être ralentie. Si la saignée est manuelle (sans disque), l’affolement des bêtes compliquent encore le travail des sacrificateurs. Pour l’industriel, tous ces aléas (ailes brisées invendables, chaine ralentie) sont des pertes sèches.
Aujourd’hui, les gérants de ces sites, soucieux de préserver leur rentabilité, n’hésitent donc plus à augmenter le voltage des bains électrifiés afin d’être certain que la volaille ne s’agitera plus avant, pendant et après la mise à mort. Et évidemment, une très grande partie des bêtes succombent à cette électrocution.
Ainsi, ce qui était destiné à seulement « étourdir » devient une manière de tuer l’animal. L’abattage rituel qui le suit n’a donc plus aucun sens. On dit « étourdissement » ou « assommage » pour ne pas dire « abattage industriel » qui n’est ni juridiquement (fiqh) Halal ni éthiquement (akhlâq) acceptable.
De plus, même en abaissant les paramètres, il existe toujours un risque important de mort des volailles suite à l’électronarcose, du fait de leur grande fragilité et des conditions très stressantes auxquelles elles sont soumises. Dans ces conditions, la quasi totalité des conseils de savants musulmans ont déclaré que l’électronarcose avant l’abattage rituel ne pouvait pas être acceptée :

  • Le Conseil Européen de la Fatwa :
    « Et après l’exposition des méthodes d’abattage utilisées, et en prenant en compte les transgressions multiples des règles religieuses qui provoquent la mort d’un nombre non négligeable d’animaux (suite à l’étourdissement), surtout les volailles, le Conseil a convenu qu’il n’est pas permis de consommer la viande des volailles… »
  • Le Conseil islamique du Fiqh, qui dépend du Congrès Islamique Mondial :
    « Il est interdit d’utiliser l’électronarcose pré-mortem pour la volaille, car l’expérience a montré qu’elle provoque la mort le plus souvent des cas. »
  • Le Comité permanent de la recherche scientifique et de la consultation (Arabie Saoudite) :
    « Il est interdit de frapper l’animal sur la tête à l’aide d’un marteau ou d’un pistolet ou de pratiquer l’électronarcose ou de lui faire inhaler du CO2. »
  • L’Union des savants de la recherche islamique (Égypte) :
    « a refusé d’accéder à la demande d’associations internationales de protection animale qui souhaitaient que le Conseil accepte l’utilisation de l’électronarcose. »


L’abattage Halal sans électronarcose n’est pas assez « rentable »

Malgré cela, des organismes de contrôle, comme AVS, qui refusent dans leur cahier des charges cette électronarcose sont extrêmement rares. Il faut savoir qu’un abattage sans électronarcose ne permet d’abattre que 4 000 poulets/heure, avec la présence obligatoire de trois sacrificateurs qui abattent manuellement.
En utilisant l’électronarcose, le chiffre passe à 15 000 poulets/heure ! Et le disque (abattage mécanique) permet de se passer des sacrificateurs !
Si le souci premier est le profit, s’imposer un abattage rituel sans électronarcose est donc un choix difficile. Les enjeux financiers sont énormes pour les industriels. C’est la raison pour laquelle, beaucoup parmi eux préfèrent être certifiés par des organismes de contrôle de la communauté qui sont beaucoup plus… « souples », ceux qui n’hésitent pas à permettre cette électronarcose alors que les Savants musulmans l’interdisent.
AVS a tout de même mis en place une électronarcose mais uniquement après l’abattage rituel, et cela pour éviter les désagréments causés par la volaille qui s’agiterait trop durant son agonie. C’était un compromis qui pouvait satisfaire les deux partis, les contrôleurs et les industriels.
Mais après avoir interrogé des Savants musulmans, certains ont justement fait remarquer qu’il n’était pas acceptable de ne pas laisser la bête agoniser en paix. On ne pouvait pas faire souffrir un animal qui vient d’être abattu rituellement en l’électrocutant de nouveau. Préférant ne pas s’engager sur un chemin douteux, AVS ne désire plus pratiquer cette électrocution après abattage rituel.
Pour les gérants des sites, ces multiples contraintes qu’impose le rite musulman deviennent de moins en moins supportables. C’est la raison pour laquelle, l’abattoir qui fournissait Isla Delice a décidé de rompre son contrat avec AVS pour imposer l’électronarcose avant abattage.

Une commercialisation compatible au Halal ?

Après les conditions d’élevage et après les méthodes d’abattage, on peut se poser aussi des questions sur les circuits de la commercialisation de la viande dite « Halal ». En particulier pour les hypermarchés qui posent aussi leurs propres conditions.
Lorsqu’on décide de collaborer avec la grande distribution, le producteur est soumis à de multiples contraintes. Et la première d’entre elles est l’obligation de fournir toutes les quantités commandées. Nous le voyons bien pour le cas Isla Delice qui, suite à la rupture de contrat d’AVS avec l’abattoir, ne peut plus fabriquer sous la certification AVS et donc répondre aux demandes. Isla Delice se trouve contractuellement dans l’obligation de payer de lourdes pénalités financières à la grande distribution.
Pour M. Herzog, deux possibilités s’offrent à lui :

  • Poursuivre avec AVS (et trouver un autre abattoir) tout en supportant le fait de ne plus pouvoir fournir les grandes surfaces, au moins temporairement. C’est le choix de la fidélité et de la transparence vis-à-vis de tous les consommateurs musulmans qui lui ont fait confiance.
  • Ou alors poursuivre sa production (et rompre avec AVS) tout en prenant le risque de pratiquer l’électronarcose que lui impose cet abattoir ; en espérant que ses clients musulmans, dupés, lui resteront fidèles. C’est le choix de l’argent, d’abord.

Pour Isla Delice qui n’est que dans une logique purement commerciale, le choix est vite fait. Les grandes surfaces imposent leur cadre et il n’était pas question de perdre sa crédibilité commerciale face à ceux qui détiennent le monopole de la grande distribution. Il est beaucoup plus profitable de se soumettre aux conditions de l’abattage industriel même si les prescriptions religieuses ne sont plus respectées. Il suffira simplement de dénicher un autre organisme de contrôle moins scrupuleux et qui accepte l’électronarcose.
Car seule l’électronarcose est compatible avec cet abattage industriel de masse issu d’un élevage industriel de masse, destinée à la grande distribution de masse, pour une surconsommation de masse. Car une viande bon marché avec une faible marge reste encore profitable qu’à la seule condition qu’elle soit vendue en très grande quantité, même aux dépens de la santé des consommateurs ou du bien-être animal.
C’est la raison profonde pour laquelle on ne pourra jamais dissocier la question de l’abattage Halal de ces deux problématiques :

  • en amont, des conditions de l’élevage industriel incompatible avec l’éthique islamique,
  • et plus en aval, du cadre trop contraignant de la grande distribution qui impose sa manière de consommer.

L’instrumentalisation politique de la question du « Halal » ?

La production et la commercialisation des viandes resteront toujours quelque chose de très particulier pour les musulmans car il s’agit d’êtres vivants. Et on ne peut pas traiter une créature sensible comme une simple marchandise même si on en fait commerce. C’est pourquoi le culte musulman réglemente l’abattage et la consommation des viandes de manière très pointilleuse. Et il n’est évidemment pas question pour un musulman de soumettre son cadre juridique (fiqh) et éthique (akhlâq) aux impératifs industriels et commerciales. Les musulmans, au nom de leur foi, ne peuvent que dénoncer les conditions d’élevage, la maltraitance animale généralisée dans les abattoirs comme la surconsommation des viandes et son impact écologique.
Mais il faut aussi dénoncer ceux qui s’emploient à mettre à l’index l’abattage rituel sous le prétexte fallacieux que saigner un animal le ferait plus souffrir que l’électrocuter ou lui défoncer la boite crânienne (comme ils le font pour « assommer » les bovins).

Une directive européenne rend l’abattage rituel avec électronarcose harâm

Depuis le 1er janvier 2013, pour tous les abattoirs qui appliquent l’électronarcose, la nouvelle règlementation européenne N° 1099/2009/CEE 6 impose un voltage très élevé. Ils appellent cela un « étourdissement préalable par électronarcose », mais ce prétendu « étourdissement » ou « assommage » n’étourdit pas et n’assomme pas. Il tue. L’objectif est donc bien de s’assurer que cette électrocution tuera la bête avant qu’elle soit saignée.
Cela veut tout simplement dire que toute la volaille abattue en France (et en U. E.) avec électronarcose ne peut plus être considéré comme Halal, avec, cette fois-ci, l’unanimité de tous les Savants musulmans.
Et les abattoirs qui décideront de contrevenir à la directive européenne en diminuant le voltage des bains électrifiés (comme le pratiquent certains organismes de contrôle musulman) se trouveront alors dans l’illégalité.

Une directive nationale rend l’abattage rituel sans électronarcose plus difficile à réaliser

Une directive nationale du 28 décembre 2011 (entré en application le 8 mars 2012) limite le nombre d’abattoirs autorisés à effectuer un abattage rituel. Il oblige aussi tous les sites qui effectueront de l’abattage rituel sans électronarcose à utiliser des appareils de contention pour immobiliser les volailles. Cela oblige les abattoirs à s’équiper et cela a évidemment un coût. On voit mal ces industriels s’engager dans ces dépenses. Ils feront donc tout pour faire plier les acteurs du marché du Halal afin qu’ils acceptent leurs conditions de production avec électronarcose, comme nous l’a prouvé l’affaire Isla Delice.
Faire disparaitre l’abattage « Halal »
C’est donc l’abattage rituel musulman qu’ils veulent faire disparaître, à terme. C’est le non-dit de toutes ces directives européennes et nationales. En fait, nous sommes dans la continuité de toutes ces autres lois discriminatoires, spécifiquement orientées contre la communauté musulmane.
Hypocritement, ils invoquent la supposée maltraitance animale, qu’eux-mêmes ne respectent pas. Et en fait, ils ne font qu’obéir aux lobbies industriels qui lorgnent vers ce marché mondial du Halal qu’ils voudraient soumettre à l’unique critère de la rentabilité.
Ce type de directives, européennes ou nationales, va donc encore stigmatiser une communauté tout en manipulant les esprits, à travers un double discours :

  • d’un côté, les grands médias, avec la complicité d’islamophobes notoires, occupent l’opinion publique en parlant de maltraitance dont serait responsable l’abattage Halal. On détourne ainsi les esprits des horreurs que constitue le quotidien de tous les centres industriels de production de masse des viandes, de l’élevage à l’abattage. Il n’y a rien de nouveau dans cette manière d’agir des politiques et de leurs relais médiatiques ; on manipule la question de l’Islam pour éviter d’aborder les vraies questions.
  • d’un autre côté, les acteurs économiques de ce marché, avec le soutien des institutions politiques nationales et européennes, sont en train d’œuvrer dans l’ombre. Profitant du manque d’information dans la communauté et de l’opacité de ce marché, ils tentent de soumettre les règles de l’abattage rituel aux seules logiques de la productivité et du profit.

À terme, ce ne sera que la présence du tampon de telle ou telle grande mosquée ayant les faveurs d’un État complice qui spécifiera le caractère dit « Halal » d’un produit carné. Le respect des règles religieuses et la prise en compte des impératifs de l’éthique islamique seront encore plus négligés qu’ils ne le sont actuellement. Nous aurons un marché du Halal peut-être mieux structuré mais sous les seuls critères de la rentabilité comme le reste de l’économie agro-alimentaire mondiale. Ni éthique, ni référence réelle à une norme religieuse quelle qu’elle soit, que l’argent et le bénéfice.
C’est l’Islam des étiquettes sans éthique, sans foi ni loi, au service du marché et des intérêts de quelques-uns. On préserve l’apparence du tampon Halal, tout en lui retirant tout le sens de sa présence, toute l’essence du message qu’il devrait véhiculer.
Il est vrai que nous ne pouvons pas continuer à accepter cette situation ni nous contenter de nous y adapter. À partir de ce qui a été dit, nous pouvons déjà tirer ces quelques enseignements de base qui peuvent nous aider dans notre volonté à changer progressivement cette réalité :

  1. La production de viandes Halal dans des grosses unités d’élevage ou d’abattage n’est pas réalisable. Élever et abattre autant de bêtes en respectant à la fois notre éthique et nos règles islamiques, tout en répondant à leurs critères de rentabilité, est du domaine de l’impossible. En Islam, avant d’être un morceau de viande et une marchandise à valoriser, un animal est d’abord une créature de Dieu douée d’une sensibilité que nous devons respecter.
  2. La commercialisation des produits Halal à travers les enseignes de la grande distribution pose question. Les grandes surfaces, du fait de leur position dominante, sont un véritable problème pour tout producteur qui voudrait garder son indépendance dans l’élaboration de son produit. Les grandes surfaces imposent déjà des prix bas avec de faibles marges. Et nous avons vu que le fait de transformer la viande en un produit bon marché de grande consommation, n’est pas compatible à une production avec des cadences beaucoup plus lentes permettant à la fois le « bien-être » animal et le respect des règles islamiques. Les grandes surfaces imposent aussi un flux important et tendu qui n’est possible qu’à travers une production industrielle de masse, elle-même difficilement compatible avec les critères du rite musulman. Aujourd’hui, certaines grandes enseignes, profitant de leur situation commerciale hégémonique, essaient même de produire sous leur propre certification Halal sans qu’elles jugent nécessaire la présence d’un organisme de contrôle musulman. On en arrive à cette situation aberrante où ils pensent pouvoir tout se permettre. À terme, le monopole de grandes surfaces est incompatible avec la notion d’un contrôle indépendant du Halal.
  3. La gestion de la question du Halal par les seules institutions politiques (État, Europe) est à reconsidérer. Il existe différentes commissions (nationales ou européennes) où on discute de la question du Halal. Les rares voix musulmanes qui y sont présentes sont rarement entendues, ni d’ailleurs les autres acteurs de la société civile, ni même les représentants politiques qui, souvent, ne maîtrisent que superficiellement la question. En fait, ce sont finalement les lobbies industriels du marché agro- alimentaire qui imposent aux politiques leurs visions.

Dans ce contexte, où les acteurs politiques ne sont que les exécutants d’intérêts privés, il faut établir des contre-pouvoirs efficaces et donner une place décisive aux acteurs de la société civile, en particulier les organisations de défense de la protection animale, les associations de consommateurs, les organismes indépendants de contrôle, etc.

La question fondamentale du fiqh et de l’éthique

Cette problématique du Halal nous amène aussi à une réflexion qui est beaucoup plus large. C’est impressionnant de se rendre compte comment la question apparemment anodine de la consommation de la viande Halal peut nous amener à la question de notre rapport à l’Islam et à ses Textes. En effet, dans le cadre de nos activités, nous avons souvent été amenés à alerter tous les acteurs musulmans de la chaîne du Halal (du producteur au consommateur, en passant par les organismes de contrôle) sur le fait que nous devons tenir compte des considérations éthiques dans notre manière de produire et de consommer les viandes. Souvent, nombre de ces acteurs, exaspérés par un marché totalement anarchique, considéraient que l’importance était d’être conforme aux règles très techniques du fiqh pour avoir une viande réellement Halal et disponible pour toute la communauté. C’était effectivement l’urgence mais était-ce le plus important ?
Le respect des règles éthiques (maltraitance animale, surconsommation…) était considéré comme un luxe, peut être légitime, mais pas le plus important dans notre contexte d’un marché aussi désorganisé. Pourtant si on se réfère à nos valeurs islamiques, c’est essentiel ; même si on peut tout à fait comprendre que ce ne soit pas une urgence dans certaines situations.
Comme souvent, on confondait ce qui était légitimement urgent et ce qui était islamiquement important. Et la dictature de l’urgence, nous fait oublier le sens des règles juridiques (fiqh) qui ne sont là que pour exprimer et encadrer notre éthique.
Il ne faut donc pas opposer le respect des règles (le fiqh) et le cadre de l’éthique (akhlaq). Toutes les deux islamiques, elles sont toutes les deux essentielles. Et si on tente de les dissocier ou de délaisser l’une au profit de l’autre, c’est finalement pour les trahir toutes les deux.
Pour conclure, cette question très spécifique de la consommation des viandes doit nous obliger à nous interroger et à nous poser ces questions cruciales d’ordres générales :

  • La question philosophique : Peut-on considérer les animaux, ces êtres vivants doués d’une sensibilité comme une marchandise comme une autre ? N’ont-ils pas aussi des droits comme les Hommes peuvent en avoir ?
  • La question économique : Quand il s’agit de la manipulation et la commercialisation d’êtres vivants, la seule logique du profit doit-elle prédominer ? Ne doit-on pas poser des limites, au nom de notre humanité et/ou de notre foi ?
  • La question de la justice sociale : La surconsommation des viandes dans les pays occidentaux mais aussi dans certaines grandes capitales du Sud sont en grande partie responsables du prix trop élevé des céréales sur le marché mondial et donc de la sous-alimentation dans le monde. Car s’il faut de plus en plus de bétail pour la consommation humaine, il faut également cultiver de plus en plus de végétaux pour nourrir ce bétail, et donc de plus en plus d’eau, de terres arables et d’engrais pour faire pousser ces végétaux. Il faut savoir que la grande majorité de terres cultivées en France sont destinés à produire des aliments pour bétail.
  • La question sanitaire : Cette surconsommation est entrain de rendre malade les populations du Nord (obésité, cancer du côlon, surinfection à l’E. Coli) tout en affamant celles du Sud.
  • La question écologique : La déforestation de l’Amazonie en particulier, véritable poumon de la planète, se fait dans le seul objectif d’accaparer de nouvelles terres pour cultiver des céréales destinées au bétail. Et la concentration de centaines de milliers de bovins en élevage extensif cause plus de dégâts sur la couche d’ozone que la circulation automobile.

Que faire ?

Devant cette situation, il est possible d’agir et de prendre nos responsabilités, individuellement et collectivement, qu’on soit acteur du Halal ou simple consommateur :

  1. Tout d’abord, il faut prendre conscience qu’il ne faut jamais opposer le strict respect des règles islamiques de l’abattage à notre vision éthique qui dépasse largement la question de l’abattage. Cela veut dire, que devant Dieu et seulement pour Lui, il faut refuser toutes les viandes abattues avec électronarcose. Ce n’est pas un détail. Mais cela veut dire aussi qu’il faut privilégier les produits fermiers ou bios, plus sains et plus respectueux des animaux. Ce n’est pas non plus un détail.
  2. Il faut ensuite prendre conscience qu’il faut consommer moins… de viandes, mêmes Halal. Respecter l’esprit du Halal dans notre contexte, c’est diminuer très significativement sa consommation. Si toute la communauté musulmane de France ne devait consommer que de la viande « techniquement » Halal (et on en est encore très loin), ce serait de toute manière impossible de produire une telle quantité de viande Halal sans entasser les animaux, les adapter de force par des mutilations et à des conditions de vie insupportables.
  3. Au niveau plus collectif, il faut s’organiser en tant que consommateur musulman et établir un véritable rapport de force face à ces logiques du profit. Il faut faire respecter notre rituel islamique face aux institutions politiques trop soumises aux logiques industrielles.
  4. Au niveau local, il faut encourager tous les projets de proximité, avec des musulmans ou non, qui privilégient les circuits courts de distribution. Il faut aider et promouvoir les unités d’élevage ou d’abattage à taille humaine, afin de produire et consommer responsables… et donc halâl.

Categories: Halal

Tags: , ,

Commentaires

  • EL JAOUHARI
    19/04/2014 à 10:54 Répondre

    Salamhalekum,

    je viens vers vous car pour moi je crois que des frères et sœurs se font bernés par le Quick à Garges les Gonesse. Car ma femme fut surpris de voir autant de musulmans acheté des hamburgers et de les manger, c’est en signalant à une sœur que ce n’est pas hallal et la réponse qu’elle a eu et c’est certifié AVS et aussi de la mosquée de Lyon.
    Je sais que vous avez la compétence et la force de pouvoir faire une enquête auprès de ce Quick situé face à brico dépôt à Garges les Gonesse. Afin d’avertir si bien certifié ou pas, pour que nos frères et sœurs ne soit pas dans le haram, j’ai pensé que je devais vous le dire car c’est mon devoir de dire au gens que c’est bien ou pas bien que la réponse que j’ai est de m’occuper de mes affaires.
    voici ce que j’avais sur le cœur et j’ai aussi prévenu par le biais de son site comme vous « AL-KANZ » et ne sait pas s’il va en tenir compte car il doit recevoir énormément de mail. Voilà mon devoir est fait et je vous à bientôt in cha’a-Llah.

    • UFCM
      01/05/2014 à 09:03 Répondre

      Nous vous remercions de l’attention que vous avez porté à notre site. Concernant votre signalement, nous vous recommandons de contacter les organismes mentionnés afin de leur signaler directement pour qu’ils puissent confirmer ou infirmer ces dires. Il est évident qu’à ce jour nombre d’acteurs utilisent le « slogan » halal à des fins uniquement mercantiles tout en négligeant le respect du rite institué en islam. Vous avez donc entièrement raison de mettre en garde ceux qui vous entourent. Aussi, indépendamment de la fiabilité de la certification, nous recommandons que le halal puisse nous permettre de renouer avec le sens premier du message de l’islam qui intègre le respect des animaux, de l’environnement et du rapport à la création divine de manière générale. Hors la malbouffe proposé par la restauration rapide est l’un des chantiers qu’il faudrait réformer.

      Fraternellement.

  • chakil
    12/05/2015 à 12:25 Répondre

    As salaamou ‘alaykoum wa Rahmatoullaah wa Barakaatouh

    Je trouve dommage que :
    - l’UFCM ne joue pas son rôle réel d’indépendance et soit à vitrine publicitaire d’un OCVH parmi les autres.
    - que l’on fasse fi du fait que l’abattage halal soit parfois possible avec electronarcose. (Cf à la Réunion : processus validé par des dizaines de ‘olamahs)
    - que l’on n’aborde pas les conditions premieres du Halal : la tasmiyah sur chaque bête etc.

    Pour le coup, je suis un peu déçu du parti-pris et des raccourcis.
    Dommage pour une association de consommateurs que je respecte par ailleurs.

    • admin
      14/05/2015 à 17:06 Répondre

      Salam ’alaykoum Sheikh

      BarakAllahoufik de ce commentaire qui est toutefois emprunt de multiples interprétations erronées concernant la position de l’UFCM.

      Tout d’abord, nous n’avons à ce jour jamais affiché un soutien à un OCVH en particulier. Cela ne serait d’ailleurs pas cohérent car nous considérons que la solution la plus proche des finalités du message de l’islam serait de réaliser l’abattage rituel en dehors du contexte industriel de masse (donc sans OCVH) qui repose sur des conditions d’élevage et d’abattage qui ne permettent pas un traitement approprié des animaux.

      Il reste cependant évident que la réalité actuelle rend impossible la généralisation de cette pratique et qu’il faut aussi prendre position sur ce que nous considérons comme un minimum acceptable dans des conditions industrielles. Certains organismes ont des positions proches de ce minimum et nous ne considérons pas que les encourager serait faire preuve de manque d’indépendance. Même si nous ne l’avons jamais fait à ce jour, nous ne nous interdisons pas de le faire ponctuellement à l’avenir, car nous considérons que la véritable solution à soutenir durablement passera par des solutions de proximité en dehors de l’industrie et des OCVH.
      Nous avons par contre dénoncé clairement les pratiques de certains organismes qui exercent selon des pratiques que nous considérons intolérables. L’électronarcose en fait en effet partie.
      La grande majorité des savants contemporains interdit cette pratique sur les volailles et bovins. Le fait qu’un nombre restreint de savants autorisent cette pratique n’est pas suffisant à faire évoluer notre position, car nous considérons que cette position est incohérente.

      En effet, d’une part l’électronarcose est une pratique d’assommage parmi d’autres, censée permettre d’alléger les souffrances des animaux lors de l’abattage. Or, la pratique d’assommage la plus décriée par les associations de protection animale est justement l’électronarcose sur les volailles que vous mentionnez. Elles préconisent plutôt par exemple un assommage au gaz qui serait cause de moins de souffrance. D’autre part, l’électronarcose est censée permettre d’augmenter les cadences d’abattage en immobilisant les animaux. Or, la pratique de La Réunion nous paraît incohérente car il est tout à fait possible d’abattre sans électronarcose dans les cadences très faibles des abattoirs de La Réunion. Il n’y a donc ni intérêt éthique, ni économique, si ce n’est l’adaptation aux exigences des industriels qui veulent l’argent des musulmans sans fournir les efforts pour répondre à leurs demandes.

      Nous ne sommes pas savants pour dire si cela est halal ou pas, mais en tant qu’association de consommateurs nous nous fixons comme objectif de rappeler le sens du message de l’islam et dénoncer la société de consommation qui le pervertit. Nous considérons que cette pratique tend à nous éloigner d’un mode de vie sain et c’est pour cela que nous nous opposons à cette pratique.

      Concernant la tasmiya (la mention du nom de Dieu au moment de l’abattage), nous sommes étonnés de votre remarque. En effet, lors de chacune de nos conférences, formations, … qui ont traité de la question du halal, nous avons toujours centré sur le sens de la tasmiya qui est l’élément central de l’abattage rituel. Il s’agit de la condition qui rappelle Dieu et qui donne véritablement sens à cette pratique. D’ailleurs peut-on vraiment considérer que mentionner Dieu sur 8000 poulets à l’heure (comme cela se ferait en théorie dans certains abattoirs) est vraiment fidèle à l’enseignement coranique ? Nous ne cherchons pas une réponse de juriste car les avis sont connus sur le sujet mais plutôt une réponse qui donne sens. En effet, chaque règle n’induit-elle pas un enseignement sur notre manière de vivre, de gérer notre relation à Dieu et à la création ?
      Vous trouverez un des passages où nous traitons de cette question sur notre site ici (http://ufcm.fr/comprendre-le-halal/x-le-halal-et-la-question-du-sens/)

      Malgré ces désaccords, si tant est qu’il soit réel, sachez que nous vous respectons également pour tous les efforts que vous fournissez afin de rappeler que Dieu reste au centre de nos vies.
      Puisse Dieu vous accompagner dans vos efforts

      Fraternellement

      L’équipe UFCM

  • Azhar
    30/06/2015 à 02:05 Répondre

    As Salam Aleykum, tout d’abord baarak Allahu fikum pour cet article on ne peut plus clair . Je découvre votre site en ce moment même suite à une recherche sur l’électronarcose. Même si apparement une minorité de savants la tolère ( à condition qu’elle ne tue pas la bête ) je trouve ce procédé contraire aux valeurs islamiques ( respect de la bête etc ).
    Je souhaitais vous demander si les viandes certifiées AVS peuvent également provenir de ces élevages industriels horribles dont vous avez parlés dans votre article ?
    Ramadan Mubarak ! Salam Aleykum .

    Fraternellement.

    • admin
      04/07/2015 à 08:08 Répondre

      Salam ’alaykoum

      BarakAllahoufikoum pour votre réponse.
      L’association AVS est réputée pour son sérieux et sa rigueur et cela a pu être vérifié par nos soins. Cependant, l’association AVS limite son champs d’intervention comme l’ensemble des certificateurs, à l’activité en abattoir, en centre d’élaboration des viandes et en boucherie/restaurant. Ils n’ont donc aucune visibilité sur ce qui se passe en amont lors de l’élevage.

      Hors la règle est que la quasi totalité des viandes (en particulier volaille) écoulées sur le marché du halal proviennent d’élevage industriel. Il est donc certain que les viandes certifiées AVS proviennent très majoritairement de ce type d’élevage. Il est vrai qu’à ce jour, il n’y a pas de fatwa interdisant ces pratiques et qu’aucun reproche explicite ne peut être fait quant au caractère halal de ces produits.
      Notre travail est donc aujourd’hui centré sur la sensibilisation des savants, des consommateurs et des certificateurs.
      AVS a d’ailleurs répondu favorablement à ce travail de sensibilisation en accompagnant une gamme de produit halal BIO qui ne sont donc pas concernés pas ces élevages industriels. Nous vous conseillons de prendre contact avec eux afin de savoir ou trouver ces produits.
      Cependant, nous restons convaincu que la meilleure solution est de trouver des petits éleveurs de proximité qui possède leurs propres unité d’abattage. Cela permet de régler le problème du bon traitement des animaux et de la certification de la viande, mais aussi de créer du lien humain avec des personnes qui vivent en lien quotidien avec la création divine.
      Il existe dans toutes les régions ce type d’unité, il est vrai que peu d’entre elles proposent du halal mais lorsqu’ils sont sollicitées par des groupement de consommateurs musulmans, ils répondent plutôt favorablement à ces demandes.
      Qu’Allah agrée notre jeûne et nos œuvres en ce mois béni

      L’équipe UFCM

  • MOHLAT
    18/02/2016 à 22:44 Répondre

    Salam ’alaykoum
    le produit hala c’est Un business comme un autre je vois que tout le monde ou presque a touche sa part du gâteau.ou bien son chèque il n’y a plus personne pour défendre le droit des consommateur musulman surtout certain site!!! car maintenant sa ne dérange plus personne la voix libre pour les organismes de certification halal pour gonfler leur compte en banque .question quel compte bancaire à l’étranger doit-on déclarer???

  • ibtissem
    24/01/2017 à 17:58 Répondre

    As salama ‘alaykoum ,
    Votre article est bien écrit et je vous en remercie. Parler d’éthique et de bien être animal est essentiel lorsqu’on parle de l’abattage rituel. Les conditions d’élevage des animaux, le transports… sont inacceptables et pourtant nous mangeons très souvent de cette viande parce qu’elle est bon marché.
    Petit bémol, à la lecture de votre article, comme l’a précisé @Chakil, vous SEMBLEZ être la vitrine publicitaire d’un OCVH en particulier et si réellement vous voulez aiguillez la communauté ( ce dont je ne doute pas), il serait essentiel de lister tous les organismes de certification ne pratiquant pas l’électronarcose et ayant des contrôleurs sur place. Ils sont nombreux. Ce listing est essentiel pour plusieurs raisons :
    - reconnaître le travail de TOUS
    - faire preuve d’impartialité est toujours plus crédible
    - le marché du Halal est une énorme blague qu’il convient d’assainir – ça devient une question de dignité
    Al Manakh a mis en place un outil très utile sur son siteweb que je vous invite à explorer. Seul Bémol, les votes semblent être anonymes (comment savoir qu’ils sont neutres ?). Il m’est arrivé de mal noté un organisme, par inadvertance, et de demander la suppression de mon vote mais je n’ai jamais eu de retour.
    Vous avez répondu @Azhar: « Cependant, l’association AVS limite son champs d’intervention comme l’ensemble des certificateurs, à l’activité en abattoir, en centre d’élaboration des viandes et en boucherie/restaurant. Ils n’ont donc aucune visibilité sur ce qui se passe en amont lors de l’élevage. » … Faux. Lorsqu’un animal entre dans un abattoir il est forcément accompagné d’un document qui permet de connaître les détails de sa courte vie. Le vétérinaire de l’abattoir est en possession de ce document. Qui veut savoir sait.
    Enfin, si vous pouviez user de votre force et de votre crédibilité pour convaincre les OCVH de travailler main dans la main afin d’être aussi forts dans le Halal que les Juifs dans le casher vous aideriez d’autant plus la communauté.
    Le HALAL a besoin d’un cahier des charges commun à tous les organismes de certification. Nous devrions pouvoir distinguer clairement les différentes pratiques des uns et des autres.
    Bon courage. Qu’Allah vous facilite.

Répondre à EL JAOUHARI Annuler la réponse.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>